L’INDONESIE

 

 

Sortie du fameux canal de TORRES, nous voilà sur la mer d’ARAFURA, rapidement, nous comprenons que l’Asie est là car une activité débordante se déroule devant nos yeux…jours et nuits : pêcheurs par dizaines, casiers et cargos : nous décidons de réduire nos temps de quarts ,on passe donc de 4heures à 2 heures chacun, et c’est déjà pas mal tellement la veille doit être active.

 

Fin Juillet, portés par le vent, nous entrons dans la baie de l’ile TANIMBAR : nous sommes en Indonésie !

Quel accueil ! Car rare sont les « blancs » qui visitent cet endroit et pourtant quelle erreur, danses, orchestres, repas sont organisés en notre honneur, et pour cause, nous avons décidé  de faire partie de « sail Indonesia », un rallye de voiliers partant de Darwin ou Tanimbar jusqu’à Bintan, durée 3 mois environ.

RALLYE « Sail Indonésia »

Ce rallye nous coute 150$aus, nous en sommes contents car tout l’administratif de départ est pris en compte par cette organisation(même si il faut arriver avec les visas en poche), car nous avons le tapis rouge sur la plupart des iles indonésiennes, avec repas, danses, visites…et ce gratuitement..Ce qui nous plait dans ce rallye est que nous sommes totalement libres de suivre ou pas le trajet, ou de nous y recoller ultérieurement.

Ne pas arriver trop tôt sur TANIMBAR car le décompte « visa » (60 jours), commence à notre arrivée.Nous serons tout de même le premier bateau à mettre l’ancre, parmis les bateaux locaux de pêches et les petits cargos rustiques d’alimentation des îles !

Arriver avec des roupias ( récupérés avec notre visa à l’ambassade d’ Indonésie à port MORESBY)!!  pour au moins 500€, pas de distributeur VISA avant l’ile d’ALORS

Coté navigation :

Le vent, nous l’avons eu jusqu’à ALORS et après…moteur, moteur, moteur : peu de vent et s’ il existe c’est le vent de terre et de mer car nous longeons les cotes. Nous conseillons de partir avec des filtres de rechange et pièces éventuelles. Soit il n’y a aucun vent, soit vous pouvez être pris dans des vents de terre à 30 nœuds comme cela nous est arrivé en arrivant sur Flores.

Pour le diesel, le top, c’est de bidonner en station service avec un taxi: pas de  confiance envers les locaux et pêcheurs…et pour cause…diesel sale, mélangé avec de l’eau.

Courants, partout plus ou moins fort selon les marées (marée dans le monde est assez précis), surtout dans les inter îles. Nous sommes partis avec 5 nœuds de courant entre Komodo et Rinca par exemple, mais heureusement avec nous.

Par sécurité, nous naviguons à minimum 5 milles de la cote car souvent, en deçà, nous rencontrons des filets (bateau de pêche local stationné= filet à sa droite ou sa gauche), voire des casiers sous forme d’énormes radeaux dérivants…A savoir que les bateaux de pêches vous ignorent totalement.

La nuit, ils sont tellement éclairés qu’ils ne peuvent apercevoir nos lumières, et comme les miracles ne sont pas éternels, nous avons échappés de justesse à trois percussions qui auraient pu être violentes.

Avec tout ça, arriver de nuit dans un mouillage est pour ainsi dire très risqué, feux et marquages ne  font pas parti du langage local et les cartes ? Fausses ou décalées pour la plupart…

Donc nous naviguons à vue, à la carte satellite et à la trace des autres passés l’année précédente.  Mais là aussi, attention car certaines cartes viennent de catamarans ou dériveurs avec un tirant d’eau complètement différent.

Sur l’Indonésie /Malaisie, nous avons failli être coupé en 2 par 2 fois !!! AIS ? VHF ?, cela ne sert pas à grand-chose, car même certains cargos ne l’ont pas et lorsque l’on essaye de les contacter par VHF…ils ne parlent pas anglais.

Remorqueurs souvent rencontrés à partir de Bornéo jusqu’en Malaisie. Ils tirent d’énormes cargaisons et ont une impossibilité totale d’éviction de votre voilier..à vous de vous en rappeler !

Coté visite :

Extraordinaire, Flores et ses volcans, longer cette cote volcanique nous laisse sans voix, chaque jour avec son levé et son couché de soleil avec des couleurs jamais vues de toute notre vie !

Lombok, Lajuan Bajo avec leurs danses et leur LUWAK café (grains récoltés dans les excréments  d’un mammifère, une sorte de KINKAJOU) sans parler des rizières en espalier ou encore en forme de toiles d’araignées .

Et KOMODO puis RINCA (nous avons préféré Rinca, plus naturelle) avec ses fameux dragons de Komodo, quels animaux venus d’un autre temps : nous avons pu les approcher à moins de 5 mètres.

Force de la nature, cet animal peut être imprévisible et fulgurant, il faut avoir un bon bâton avec soi et frapper, en cas d’attaque, sur le museau (partie très sensible).

Nous sommes en septembre, et toujours à travers filets et casiers, nous nous dirigeons sur BALI, l’ile aux mille temples et aux incroyables danseuses.

Quel endroit ! les temples sont extraordinaires avec leurs sculptures, nous avons affaire à des artistes hors normes : des rues entières de sculpteurs sur bois, sur pierre, peintres, ébénistes : une finesse asiatique.

Les danses de BALIsont une performance, accompagnées d’un orchestre traditionnel, les danseuses sont magnifiques et leur corps est en mouvement :des yeux, jusqu’aux doigts de pieds, dans des tenues très colorées. Danses destinées aux dieux, nous sommes dans un autre monde.

BORNEO

Arrivés un peu en retard de BALI,(où nous sommes encore aller nous promener un peu, juste pour le plaisir) nous ratons la possibilité d’aller en jungle avant la « welcome cérémony » .

Qu’à cela ne tienne, nous avons une journée de libre pour réorganiser le bateau (diesel, nourriture, rangement), nous préparons le trek : nos sacs sont prêts pour la rencontre avec les OURAN OUTANG.

La petite ville de KUMAI est sale et inintéressante, par contre, la population est extrêmement gentille et accueillante. Nous visitons avec des sorties organisées par le rallye l’arrière pays qui s’avère relativement pauvre.

La descente du fleuve en « GLETEK », marchés locaux, palais du Sultan et welcome ceremony en présence du Sultant : Anne, la mère de Eve (qui nous a rejoint sur FLORES) a dansé avec le Sultan lui même !

 

OURAN OUTANG :

Le KLOTOK (navire en bois traditionnel) vient nous chercher à bord de ELHAZ. Le début de la rivière est parsemée de palmiers à huile qui pullullent et viennent grignoter la forêt primaire, quel dommage .Mais là, nous y voyons notre premier OURANG OUTANG sauvage, mais aussi, des crocodiles d’une taille intimidante avoisinant les 4 mètres pour certains !

Les nasiques (singes au gros nez), apparaissent peu à peu puis viennent les macaques à longues queues le tout accompagné du son des cigales de jungle.

Nous arrivons sur la première station de nourrissage, les femelles accompagnées de petits se poussent pour laisser la place à « Roger » : il arrive telle une apparition, face à nous, en notre direction !! nous ne bougeons plus, il pousse même la cuisse de Yann pour passer. Roger est le « second » de la hiérarchie…Il est impressionnant de muscles et de force tranquille.

Diner aux chandelles, bruits de jungle sous la moustiquaire, nous nous endormons sur le KLOTOK.

Petit déjeuner, déjeuner et diner sont extraordinaires, servis par un équipage de qualité .

Nous progressons ainsi, au plus profond du fleuve et sur 3 jours et rencontrons beaucoup d’Orangs Outang et divers animaux de jungle. Certains sauvages, d’autres en réadaptation.

 

DIRECTION MALAISIE

Il est temps de mettre le cap sur le sud de la Malaisie et pour cela, je décide de prendre une météo des courants par satellite (NAVIMAIL), la stratégie est de passer par l’ile SERUTU, car les courants sont forts et contre nous pour passer ce canal : Bernard MOITESSIER aurait mis 3 semaines pour franchir cette portion (aussi il était sans moteur) !

Ils sont moins forts en passant par l’Est du canal,mais nous avons tout de même en continue 2 nœuds contre nous en moyenne. Nous faisons un  arrêt sur SURUTU et cap sur MESAMAK au travers du canal… doucement, nous quittons l’Indonésie à NONGSA POINT MARINA, à éviter car déjà la gentillesse des indonésiens n’est plus qu’une illusion.

Cette marina ne fonctionne qu’avec la venue en week end des Singapouriens et l’ambiance ici est assez pesante tellement le moindre service est payant !

Deux jours sont nécessaires pour y faire nos papiers (nous y laissons quand même un millions de roupias pour ce service) puis nous sommes contents de nous tourner vers ce nouveau pays qu’est la Malaisie. Mais tout se mérite, et la dernière traversée nous fait couper l’autoroute des cargos !!!Nous en avions pourtant pris l’habitude au Panama, mais là ,je ne sais pas si c’est possible de s’habituer à ce trafic infernal !

Nous décidons d’hiverner notre monture à SEBANA COVE, marina certes en construction (se termine à la fin de l’année), mais vraiment peu chère par rapport aux autres : nous payons dans les 180€/mois.

Notre plan maintenant : la France et ses fromages et son vin, bien sûr la famille avant tout…3 années d’absence, c’est long… Et puis, Elhaz doit se refaire une beauté et notre caisse de bord s’amincit. Nous rentrons pour travailler, organiser un stage au Panama(y voir notre cher Miguel), scolariser les enfants. Nous nous donnons entre 4 et 6 mois pour atteindre notre quota financier, puis nous irons vers la Thaïlande pour y employer les meilleurs techniciens des peintures de coques, vernis et tout le tralala. Nous y referont aussi faire tout notre lot de capote, bimini et protection anti UV.

pour la suite des navigations…nous verrons

Nous sommes en Asie, c’est grand et c’est avec une grande joie que nous apercevons déjà la richesse des traditions.



Un commentaire pour « L’INDONESIE »

  1.  
    Jenifer DUPONT
    31 mai, 2016 | 10:00
     

    Quel périple ! Merci pour ces informations très intéressantes ! Pour notre dernier voyage en Indonésie, nous avions choisi de louer un bateau et naviguer en mer. Mais lorsque l’on veut planifier son itinéraire et les lieux à ne pas manquer à l’avance, il est parfois très difficile de trouver les informations que l’on souhaite ! Lors de cette dernière croisière en Indonésie (4 personnes – 2 couples), nous avons débuté notre périple à Florès, plus précisément à Lubuan Bajo ! Bien évidemment, notre périple nous a fait passer par les Petites Iles de la Sonde et la fameuse Ile du Komodo (et nous avons eu la chance de croiser les dragons !). La location du bateau avait été effectuée auprès de l’entreprise GlobeSailor, dont nous sommes plutôt satisfaits ! Au plaisir de lire de nouveaux articles aussi enrichissants…

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